Photographie de Paderewski à l'arrière de son pullman-car privé (avec personnel de cabine), une fleur à la main, sous l'œil admiratif d'un homme non identifié, au début de son ultime tournée américaine en 1939
- N° d'inventaire:
- AM-1939-PULLMAN-DEBUT-DERNIERE-TOURNEE-FLEURS
- Type:
- tirage original
- Auteur:
- droits réservés
- Date:
- 1939
- Source:
- coll. Musée Paderewski, Morges | don de M. Pierre Obuchowicz (Essertines-sur-Rolle) à la mémoire de son père, Ignace W. Obuchowicz, filleul de Paderewski, et de sa grand-mère, Barbara Obuchowicz, demi-sœur d'Hélène Paderewska (17 août 2021)
Depuis ses débuts américains en 1891, Paderewski enchaîne les tournées à un rythme effréné. Porte-drapeau de la maison Steinway & Sons, il voyage à bord d'un pullman-car privé avec force instruments et personnel de cabine.
Cette 19e et ultime tournée outre-Atlantique se terminera toutefois de façon abrupte. Initiée à la fin de l'hiver, elle se déroule toujours à un rythme aussi effréné – surtout pour un homme de 79 ans! –, même si les concerts sont légèrement plus espacés. Sur le chemin du retour, alors que l'on se rapproche de New York, les lettres de son secrétaire Strakacz témoignent d'une tension croissante par rapport à la situation européenne. «Il reste encore neuf concerts à donner, écrit Werner Fuchss dans sa biographie de Paderewski (Editions Cabédita, Yens-sur-Morges, 1999). Il semble à Strakacz que la santé du maître, qui paraissait s'améliorer, reste depuis un certain temps stationnaire. La fatigue et l'effort à fournir sont immenses. L'entourage du maître espère que tout ira bien et qu'à la mi-juin Paderewski pourra s'embarquer pour l'Europe. Son arrivée à Riond-Bosson est prévue pour le 25 juin. L'espoir exprimé dans ce dernier message de terminer victorieusement et en bonne forme physique la tournée américaine ne s'est pas réalisé. Le 26 mai, lorsque Paderewski arrive à Carnegie Hall pour un de ses derniers récitals, il est frappé dans sa loge par un sérieux malaise cardiaque, qui met un terme à cette tournée. Grâce à une assistance médicale rapide, il récupère ses forces et peut, après quelques jours de repos, s'embarquer pour la France. Il se fait examiner par son médecin de confiance à Paris et regagne Morges. Son nom figure déjà sur l'avant-programme du Festival de Lucerne, où il avait envisagé de donner un récital le 5 août. Il doit y renoncer et se rend compte que sa carrière de pianiste a, hélas, définitivement pris fin.»