Photographie d'un groupe de personnes sortant de la villa de Riond-Bosson par l'entrée principale, composé entre autres du compositeur Henryk Opienski et d'Henry Vallotton (conseiller national et agent d'affaires de Paderewski, fumant le cigare)
- N° d'inventaire:
- CH-RIOND-OPIENSKI-VALLOTTON-OBUCHOWICZ-ENTREE-PRINCIPALE
- Type:
- tirage original
- Auteur:
- droits réservés
- Source:
- coll. Musée Paderewski, Morges | don de M. Pierre Obuchowicz (Essertines-sur-Rolle) à la mémoire de son père, Ignace W. Obuchowicz, filleul de Paderewski, et de sa grand-mère, Barbara Obuchowicz, demi-sœur d'Hélène Paderewska (17 août 2021)
Photographie d'un groupe de personnes sortant de la villa de Riond-Bosson par l'entrée principale, composé entre autres du compositeur Henryk Opienski, d'Henry Vallotton (conseiller national et agent d'affaires de Paderewski, fumant le cigare) et de Barbara Obuchowicz (demi-sœur d'Hélène Paderewska, tout à droite) – extraite d'un album de la famille Obuchowicz
Exilé polonais, Henryk Opienski (1870-1942) partage avec Paderewski son attachement pour Morges et sa région – qui le lui rendra bien puisqu'une rue porte aujourd'hui son nom à l'instar du pianiste. Il s'y établit une première fois durant la Première Guerre mondiale, puis définitivement en 1926 au moment de son mariage avec la cantatrice Lydia Barblan, sa seconde épouse, après avoir dirigé pendant six ans le nouveau Conservatoire de Poznan. Natif de Cracovie, il a étudié à travers toute l'Europe: le violon à Prague avec Ferdinand Lachner puis à Paris avec Ladislas Gorski, la composition avec Vincent d'Indy à la Schola Cantorum de Paris, la direction avec Arthur Nikisch à Leipzig… Considéré comme l'un des meilleurs spécialistes de son temps de la musique de Chopin (dont il éditera une partie de la correspondance), il se distingue notamment en remettant au goût du jour les polyphonies françaises et italiennes des 15e et 16e siècles, qu'il donne en concert dans toute l'Europe à la tête de l'ensemble «Motet et Madrigal» qu'il a fondé à Lausanne en 1917. Très proche de Paderewski, il est l'un des premiers à s'intéresser à sa «légende» et signe en 1928 aux Editions Spes à Lausanne une biographie qui fait toujours figure de référence.
Avocat de formation, Henry Vallotton (1891-1971) s'illustre sur la scène politique suisse comme conseiller communal à Morges, député au Grand Conseil vaudois (1921-1933) et conseiller national radical (1925-1943); c'est durant son année de présidence que le Conseil national nomme Henri Guisan général de l'armée suisse. Proche de Paderewski, il accueille chez lui à Saint-Sulpice, le 8 juillet 1933, la cérémonie de remise de la bourgeoisie d'honneur de la Ville de Lausanne à l'artiste, et s'occupera d'une partie de ses affaires après son départ pour les Etats-Unis en 1940. Ecrivain de talent, il signe de nombreuses biographies historiques chez Fayard dans les années 1950-1960 (Ivan le Terrible, Catherine II, Pierre le Grand, Bismarck, Marie-Thérèse, Metternich…) et termine sa carrière comme ministre plénipotentiaire de la Suisse au Brésil, en Suède, en Belgique et au Luxembourg, puis comme chargé de mission en Afrique.
Ignace Paderewski est reçu partout mais sait aussi recevoir: à Riond-Bosson près de Morges, sur la commune de Tolochenaz, il possède dès la fin du 19e siècle le plus étrange des palais, autrefois demeure de la duchesse d'Otrante, veuve de Joseph Fouché, où il reprend son souffle entre les tournées de concerts et sur lequel règne la plus exquise et entreprenante des maîtresses de maison, Hélène Paderewska, mi-princesse mi-paysanne. Cette propriété entre chalet et palais vénitien a aujourd'hui disparu – son dynamitage par l'armée en 1965 achevant de forger sa légende. Dotée d'un vaste domaine où l'on exploite tant la flore que la faune, elle est indissociable du «mythe» Paderewski, où faste et rusticité voisinent avec le plus grand naturel.