Photographie des disciples polonais de Paderewski (de gauche à droite) Miecio Jodko, ?, Albert Tadlewski, Aleksander Brachocki (seul américain), ?, Stanis?aw Szpinalski et Henryk Sztompka, sur la terrasse de Riond-Bosson, vers 1929 – extraite d'un album de
- N° d'inventaire:
- CH-RIOND-DISCIPLES-PAD-JODKO-TADLEWSKI-BRACHOCKI-SZPINALSKI-SZTOMPKA-TERRASSE-1929
- Type:
- tirage original
- Auteur:
- droits réservés
- Date:
- ca. 1929
- Source:
- coll. Musée Paderewski, Morges | don de M. Pierre Obuchowicz (Essertines-sur-Rolle) à la mémoire de son père, Ignace W. Obuchowicz, filleul de Paderewski, et de sa grand-mère, Barbara Obuchowicz, demi-sœur d'Hélène Paderewska (17 août 2021)
Miecio Jodko est un étudiant américano-polonais que Paderewski a aidé… sans grand succès!
Albert Tadlewski (1892-1945) voit le jour à Lwów, où il débute l'étude du piano avec Karol Mikuli (disciple de Chopin) et Vilém Kurz. Il suit ensuite l'enseignement de Leopold Godowsky et de Moriz Rosenthal (élève de Liszt) à Vienne. Blessé au début de la Première Guerre mondiale, il devient partiellement aveugle et déménage à Nice, où il fonde l'Institut international de musique. Il rencontre Paderewski en 1929 à la faveur d'un concert du maître à Nice. Il participe dans la foulée à plusieurs stages d'été à Riond-Bosson, tout en poursuivant sa carrière de concertiste et d'enseignant. Arrêté à Nice par la Gestapo le 11 septembre 1943, il est déporté à Auschwitz, d'où il est libéré le 13 mars 1945; il décède à Bydgoszcz (Pologne) le 23 septembre de la même année. [source: www.tadlewski-albert.com]
Pianiste et compositeur américano-polonais, Aleksander Brachocki (1897-1945) étudie avec Ignace Paderewski et Zygmunt Stojowski (issu de la «première volée» d'élèves du maître à Riond-Bosson) et retourne en Pologne en 1939 pour donner des concerts et enseigner à Katowice.
Stanislaw Szpinalski (1901-1957) voit le jour à Yekaterinodar (aujourd'hui Krasnodar), en Russie, et retrouve son pays d'origine – la Pologne – au lendemain de son indépendance. Il étudie le piano au Conservatoire de Varsovie, avant de passer deux années à Paris (1925-1927). Il prend part en 1926 au premier Concours Chopin de Varsovie, où il décroche un 2e Prix, derrière Lev Oborin. Insatisfait de lui, il décide de poursuivre sa formation auprès d'Ignace Paderewski. Sa carrière prend son envol en 1932, mais est stoppée par la Seconde Guerre mondiale. Il s'installe alors à Vilnius, où il prend la direction du Conservatoire. Il se fait remarquer en 1949 par son interprétation de la musique de Chopin, en marge des festivités du centenaire de sa disparition. Il meurt à Paris en 1957, vaincu par le cancer.
Henryk Sztompka (1901-1964) se forme auprès d'Antoni Sygiety?ski puis de Józef Turczy?ski au Conservatoire de Varsovie, tout en suivant en parallèle un cursus de philosophie à l'Université. Il prend part en 1926 au premier Concours Chopin de Varsovie, où il décroche le prix de la Radio polonaise pour la meilleure interprétation des mazurkas de Chopin – des œuvres qui deviendront l'un de ses chevaux de bataille et dont il enregistrera l'intégrale en 1957, aux côtés des nocturnes, sous le label Polskie Nagrania. Il s'installe à Paris en 1928 et devient l'élève d'Ignace Paderewski. Il fait ses débuts dans la capitale française en 1932 dans la Fantaisie polonaise de son professeur, en compagnie de l'Orchestre Colonne dirigé par Gabriel Pierné. Commence pour lui une florissante carrière internationale, qu'il partage avec une intense activité pédagogique, centrée dès 1945 sur Cracovie et sa Haute école de musique (dont il est vice-chancelier de 1957 à 1963). Il s'illustre également au sein de nombreux jurys de concours internationaux: Chopin, Long-Thibaud, Genève…
Ignace Paderewski est reçu partout mais sait aussi recevoir: à Riond-Bosson près de Morges, sur la commune de Tolochenaz, il possède dès la fin du 19e siècle le plus étrange des palais, autrefois demeure de la duchesse d'Otrante, veuve de Joseph Fouché, où il reprend son souffle entre les tournées de concerts et sur lequel règne la plus exquise et entreprenante des maîtresses de maison, Hélène Paderewska, mi-princesse mi-paysanne. Cette propriété entre chalet et palais vénitien a aujourd'hui disparu – son dynamitage par l'armée en 1965 achevant de forger sa légende. Dotée d'un vaste domaine où l'on exploite tant la flore que la faune, elle est indissociable du «mythe» Paderewski, où faste et rusticité voisinent avec le plus grand naturel.