Photographie de Paderewski sur la terrasse de Riond-Bosson, en compagnie de sa sœur Antonina Wilkonska, du général Sikorski, du sculpteur François Black et d'un ecclésiastique, en 1936
- N° d'inventaire:
- CH-RIOND-PAD-1936-WILKONSKA-SIKORSKI-BLACK-TERRASSE
- Type:
- tirage original (format carte postale)
- Auteur:
- droits réservés
- Date:
- 1936
- Source:
- coll. Musée Paderewski, Morges | don de M. Pierre Obuchowicz (Essertines-sur-Rolle) à la mémoire de son père, Ignace W. Obuchowicz, filleul de Paderewski, et de sa grand-mère, Barbara Obuchowicz, demi-sœur d'Hélène Paderewska (17 août 2021)
De gauche à droite: Antonina Wilkonska (sœur de Paderewski), le général Wladyslaw Sikorski, le sculpteur François Black et un ecclésiastique non identifié.
Né en Galicie encore autrichienne, Wladyslaw Sikorski (1881-1943) sert dans l'armée austro-hongroise durant la Première Guerre mondiale, avant de participer à la guerre de libération de la Pologne en 1920-1921. Président du Conseil durant cinq mois (entre 1922 et 1923), il est mis à l'écart à la suite du coup d'Etat du maréchal Józef Pilsudski en 1926. Ecarté de la Campagne de Pologne en septembre 1939, il tient sa «revanche» en prenant la tête, le 30 septembre 1939, du Gouvernement polonais en exil (reconnu par les Alliés) puis de l'Armée polonaise de l'ouest, qui se bat aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne en mai-juin 1940. C'est lui qui, dans ce cadre, aux côtés du président Wladyslaw Raczkiewic, fait appel à Paderewski pour présider le Conseil national polonais en exil; ce dernier assumera ces fonctions malgré son âge avancé, jusqu'à son départ pour les Etats-Unis en septembre 1940. Après la défaite de la France, Sikorski poursuit le combat en Angleterre à la tête des Polonais Libres. Des divergences sérieuses se font jour avec les Alliés lorsqu'il décide, en juin 1941, de se rapprocher de Staline et de l'URSS. Il décède le 4 juillet 1943 dans un mystérieux accident d'avion au-dessus de Gibraltar, avec d'autres membres du gouvernement polonais: un coup du sort si «opportun» pour les Alliés que les services secrets britanniques ont vite été pointés du doigt. Après avoir reposé pendant un demi-siècle en Angleterre, la dépouille mortelle de Wladyslaw Sikorski a été transférée en 1993 dans la crypte de la cathédrale du Wawel de Cracovie.
Né en Pologne en 1881, d'un père écossais et d'une mère polonaise, François Black quitte son pays à dix-huit ans pour la Grande-Bretagne puis la France, où il s'installe en 1903. Formé à l'Ecole nationale des beaux-arts, il bénéficie en début de carrière du soutien de Paderewski, qui l'accueille à Riond-Bosson de 1911 à 1918 et l'aide à monter sa première exposition à Lausanne en 1917. C'est probablement à cette époque qu'il réalise le buste du musicien. Il décède en 1959.
Ignace Paderewski est reçu partout mais sait aussi recevoir: à Riond-Bosson près de Morges, sur la commune de Tolochenaz, il possède dès la fin du 19e siècle le plus étrange des palais, autrefois demeure de la duchesse d'Otrante, veuve de Joseph Fouché, où il reprend son souffle entre les tournées de concerts et sur lequel règne la plus exquise et entreprenante des maîtresses de maison, Hélène Paderewska, mi-princesse mi-paysanne. Cette propriété entre chalet et palais vénitien a aujourd'hui disparu – son dynamitage par l'armée en 1965 achevant de forger sa légende. Dotée d'un vaste domaine où l'on exploite tant la flore que la faune, elle est indissociable du «mythe» Paderewski, où faste et rusticité voisinent avec le plus grand naturel.